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La Côte d’Ivoire a adopté la loi n°2013-450 du 19 juin 2013 sur la protection des données personnelles afin de répondre aux exigences de la transformation numérique.

L’article 1er de cette loi définit les données à caractère personnel comme étant « toute information de quelque nature qu’elle soit et indépendamment de son support, y compris le son et l’image relative à une personne physique identifiée ou identifiable directement ou indirectement, par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments spécifiques, propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, culturelle, sociale ou économique. »

Ainsi, en vertu de l’article 3, sont notamment soumis à la loi :

  • toute collecte, tout traitement, toute transmission, tout stockage et tout utilisation des données à caractère personnel par une personne physique, l’Etat, les collectivité locales, les personnes morales de droit public ou de droit privé ; 

  • tout traitement automatisé ou non de données contenues ou appelées à figurer dans un fichier ;

  • tout traitement de données mis en œuvre sur le territoire national.

L’article 46 de loi créé l’Autorité de protection des données à caractère personnel[1], autorité administrative indépendante chargée de la régulation des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication.

Dès lors, tous ces traitements de données sont soumis à une déclaration préalable auprès de l’Autorité de protection des données à caractère personnel. Cette déclaration doit comporter l’engagement que le traitement est conforme à la loi sur la protection des données. L’Autorité de protection des données à caractère personnel délivre, par la suite, un récépissé permettant au demandeur de mettre en œuvre le traitement des données.

 

COTE D'IVOIRE

Mis à jour le 13/01/2025

I. Données économiques

A. Données macro-économique

Données générales[1] :

Population en 2023 : 31 165 654

Superficie :  322 463 km²[2]

Densité : 86 habitants/km²[3]

PIB (nominal) 2023 : 78,88 Md

PIB (PPA) 2020 : 144,497 Md[4]

PIB (PPA)/ hab. 2023 : 2 530,8

Taux de croissance en 2023 :  6,2%

RNB/hab. (PPA) en 2019 : 5,069 $[5]

IDH 2021 : 0,55[6]

Taux d’alphabétisation en 2019 : 89,9 %[7]

Espérance de vie en 2022 : 59 ans

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Politique

La Côte d’Ivoire, après son indépendance en 1960 sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, a connu une période de stabilité politique et de prospérité économique. Cependant, la transition au multipartisme en 1990, suivie de la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, a plongé le pays dans une période d’instabilité marquée par des tensions ethniques, une crise économique et des conflits armés[8].

L’élection présidentielle de 2010, marquée par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, a déclenché un conflit armé ayant fait plus de 3 000 victimes.

La crise s’est achevée en 2011 avec l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, qui a restauré progressivement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Réélu en 2015 et 2020, malgré des violences et des tensions politiques, Alassane Ouattara a consolidé son pouvoir tout en poursuivant des efforts de réconciliation nationale.

En 2021, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, acquittés par la Cour pénale internationale, ont fait leur retour en Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo a fondé un nouveau parti, le PPA-CI (le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire), en 2022. La tenue d’élections municipales et régionales en 2023, dans un climat apaisé, a confirmé la domination du parti présidentiel.

Sur le plan sécuritaire, la situation s’est améliorée depuis 2011, bien que le pays ait été touché par des attaques terroristes en 2016 et 2020. Face à la menace persistante dans le nord, notamment avec l’arrivée de réfugiés burkinabè, le gouvernement a renforcé les mesures militaires et lancé des programmes sociaux pour stabiliser la région.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est un État unitaire à régime présidentiel, avec un système multipartisme et un mode de scrutin majoritaire uninominal. Malgré les défis, elle poursuit sa transition vers une stabilité politique et économique durable[9].

Evolution économique[10]

La Côte d’Ivoire est la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et détient près de 40 % du PIB de cette région[11]. Le pays affiche l’un des taux de croissance économique les plus rapides d’Afrique subsaharienne depuis plus de dix ans, avec une croissance moyenne du PIB réel de 8,2 % entre 2012 et 2019[12].

Depuis le retour à la stabilité politique en Côte d’Ivoire, le pays connaît une forte croissance économique, atteignant environ 8 % par an depuis 2012. Cette croissance est principalement soutenue par les exportations de cacao et de pétrole, ses deux principales ressources.

Malgré cette performance, la pauvreté reste un défi majeur. Le taux de pauvreté national est en baisse, mais reste élevé, à 39,6 %, avec un taux d’extrême pauvreté de 11,4 %. Pour y remédier, un programme social a été lancé en 2019.

L’économie du pays a cependant été marquée par la crise sanitaire et économique du Covid-19. Toutefois, la Côte d’Ivoire a réussi à renouer avec la croissance en affichant un taux de croissance de 6,5% en 2024. Quant au taux d’inflation, celui-ci était de 3,8 % en 2024[13].

La dette de la Côte d’Ivoire s’élève à 59,3 % du PIB en 2024. Par ailleurs, le FMI a accordé au pays un prêt de 3,5 milliards de dollars[14].

Population [18]

En 2022, 52 % de la population ivoirienne est urbaine, témoignant d’une urbanisation croissante, notamment autour d'Abidjan, la principale métropole du pays. Malgré la création de la capitale politique Yamoussoukro, située au centre, Abidjan demeure le cœur économique et la seule grande ville du pays.

La population ivoirienne se caractérise également par sa jeunesse, avec 41 % de ses habitants âgés de moins de 15 ans. Par ailleurs, une forte croissance démographique est observée dans le sud-est, autour d’Abidjan, renforçant l’importance de cette région dans la dynamique nationale.

En 2021, 9,7% de la population disposait de moins de 1.90$ par jour. Ce pourcentage a fortement baissé depuis 2008, il était alors de 34,4%[19].

 

Ressources

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. Le secteur primaire représente 22 % du PIB, le secteur secondaire représente également 22 % du PIB (pétrole, énergie, agroalimentaire, etc.) et le secteur tertiaire en représente 56 % (transport, télécommunications, etc.).[15]

Ainsi, les principaux produits d’exportation de la Côte d’Ivoire sont le cacao, le pétrole, la noix de cajou et l’or[16].

En 2020, le tourisme a généré des revenus de 199 millions de dollars[17].

Investissements étrangers

Le stock total des investissements directs étrangers en Côte d’Ivoire s’élevait à 1,58 milliard USD en 2023, enregistrant une augmentation de près de 15 % par rapport à l’année précédente[20].

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Statistiques

L’Afrique du Sud compte environ 800 systèmes de franchise, lesquels s’étendent sur 14 secteurs [23]. En 2018, l’Afrique du Sud dénombrait 45 011 points de vente. 84 % des franchisés jugent leur relation très bonne ou bonne avec le franchiseur [24].
 
L’Afrique du Sud accueille dorénavant 68 000 franchisés [25]. 40 % d’entre eux sont établis dans la province de Gauteng [26].
 
Le secteur d’activité le plus important dans le secteur de la franchise est la restauration rapide. L’Afrique du Sud compte environ 85 000 restaurants et plus de 850 franchises. Le marché alimentaire international est estimé à 4,9 Md de dollars en 2026 [27].
 
En 2022, l’Afrique du Sud comptait 1 907 entreprises et sociétés en état de faillite [28].

Historique

Le secteur de la franchise en Côte d’Ivoire est encore en phase de structuration et reste méconnu du grand public. Cependant, la franchise en Côte d'Ivoire a connu une évolution notable au cours des dernières décennies, marquée par l'implantation de grandes enseignes internationales et le développement de réseaux locaux[21].

International [30]

La diversité des secteurs porteurs et la stabilité économique du pays créent un contexte favorable à l’expansion des réseaux de franchise.

En Côte d'Ivoire, le secteur des franchises est diversifié et couvre de nombreux domaines. Dans l'éducation, Pigier est une enseigne notable. Pour la location de voitures, des acteurs tels que Europcar, Hertz et Budget sont présents. La restauration regroupe des enseignes comme Hippopotamus, Paul, Burger King, KFC, Nespresso, et Brioche Dorée. Dans le secteur de la mode et des accessoires, Mango, GéoX, Kiabi et Bata se distinguent, tandis que Bo Concept et GIFI dominent la décoration et l'ameublement. La publicité est représentée par Pano Boutique et Mobile Affiche, et l'hôtellerie inclut des marques internationales telles qu’Ibis, Novotel, Sofitel et Hôtel Pullman. Les médias comptent sur Radio Nostalgie et Hit Radio, et l'optique est dominée par Lynx Optique et Alain Afflelou. Antal International opère dans le recrutement, Franck Provost dans la beauté, et UPS et FedEx dans la logistique. Pour les sports et loisirs, City Sport et Décathlon sont présents, tandis que Western Union et MoneyGram facilitent les transferts d'argent. Enfin, Carrefour et Top Budget se démarquent dans la grande distribution, et Midas ainsi que Point-S dans les services automobiles.

Institutions

Depuis 2001, la Côte d’Ivoire dispose d’une fédération spécialement dédiée au secteur de la franchise, appelée « Fédération Ivoirienne de la Franchise »[22]. Cette organisation regroupe les professionnels du secteur, qu’il s’agisse des franchiseurs ou de leurs franchisés. Son rôle est de promouvoir, défendre, développer et pérenniser le modèle de la franchise en Côte d’Ivoire[23].

Salon professionnel

The Code of Ethics for Franchising, created by the Fédération Ivoirienne de la Franchise, sets out the commitments of both franchisors and franchisees, as discussed below.

The cost of a franchise varies according to the business sector. For example, the La Croissanterie franchise, a leader in the fast-food sector, requires a personal investment of €150,000. Similarly, the Midas franchise, specializing in car maintenance, requires a personal investment of €40,000.[28]

Il existe des salons professionnels dédiés à la franchise en Côte d’Ivoire. Récemment, un salon en ligne intitulé « Les Rencontres Digitales de la Franchise - Côte d’Ivoire » a été organisé pour faciliter les échanges entre franchiseurs et candidats à la franchise[24].

 

Statistiques

Depuis les années 1960, plusieurs franchises étrangères, principalement issues de réseaux français, se sont implantées dans le pays. La majorité de ces franchises, environ 98 %, sont gérées par des étrangers, notamment des hommes d’affaires libanais ou ivoiro-libanais, tandis que la participation des entrepreneurs ivoiriens demeure limitée[25].

A la date de rédaction de cet article, environ 80 % des franchises en Côte d’Ivoire sont des marques internationales[26].

Il existe près de 200 enseignes et 3 800 points de vente[27].

Contenu du contrat

Le Code de déontologie de la franchise, créé par la Fédération ivoirienne de la franchise, permet de connaître les engagements tant du franchiseur que du franchisé, tel que cela sera développé ci-dessous.

Quant au coût d'une franchise, celui-ci varie selon le secteur d'activité. À titre d'exemple, la franchise La Croissanterie, leader dans le domaine de la restauration rapide, nécessite un investissement personnel de 150 000 €. De même, la franchise Midas, spécialisée dans l'entretien automobile, requiert un apport personnel de 40 000 €[28].

Il n’existe pas de statistique précise sur le marché de la Côte d’Ivoire. En revanche, le marché de la franchise en Afrique est un marché estimé à près de 60 Md $ avec près de 300 réseaux actifs[29].

 

Incidences économiques

B. Données économiques spécifiques à la franchise

II. Données juridiques

A. Données juridiques directement liées à la franchise
Coucher de soleil sur plage de Normandie
Principaux textes applicables

Actuellement, la Côte d'Ivoire ne dispose pas de législation spécifique en matière de franchise. Les contrats de partenariat commercial sont régis par le droit des affaires national et communautaire.

Toutefois, la Fédération ivoirienne de la franchise a rédigé un Code de déontologie de la franchise largement inspiré de celui appliqué dans l’Union européenne, visant à poser les bases d’un cadre éthique et juridique pour ce secteur.[31]

La franchise est ainsi définie par l’article 1er du Code de déontologie, de la façon suivante[32] :

« La franchise est un système de commercialisation de produits et/ou de services et/ou de technologies, basé sur une collaboration étroite et continue entre des entreprises juridiquement et financièrement distinctes et indépendantes, le franchiseur et ses franchisés, dans lequel le franchiseur accorde à ses franchisés le droit, et impose l’obligation d’exploiter une entreprise en conformité avec le concept du franchiseur.

Le droit ainsi concédé autorise et oblige le franchisé, en échange d’une contribution financière directe ou indirecte, à utiliser l’enseigne et/ou la marque de produits et/ou de services, le savoir- faire, et autres droits de propriété intellectuelle, soutenu par l’apport continu d’assistance commerciale et/ou technique, dans le cadre et pour la durée d’un contrat de franchise écrit, conclu entre les parties à cet effet ».

Information précontractuelle [33]

Le Code de déontologie de la franchise ivoirien prévoit que les franchiseurs doivent adresser au candidat franchisé un document d’information précontractuelle. Celui-ci doit être délivré au moins 30 jours avant l’engagement contractuel. Enfin il est prévu que la délivrance du document d’information contractuel n’implique pour le franchisé aucune forme d’engagement.

En vertu de l’article 3 du Code de déontologie de la franchise, le document d’information précontractuel doit contenir au minimum les 6 mentions suivantes :

« 1 - La présentation de la société franchiseur.

2 - La présentation du réseau exploité par la société franchiseur.

3 - Une présentation de la marque donnée en licence.

4 - La présentation du marché : l’état général du marché et l’état local du marché.

5 - La présentation du contrat de franchise et des charges y afférentes.

6 - Les dépenses et investissements spécifiques devant être engagés par le candidat avant de commencer l’exploitation »

Clauses attributives de juridictions et droits applicables

La Côte d’Ivoire a ratifié le 1er février 1991 la Convention de New York pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères, conclue à New York le 10 juin 1958[35].

De plus, la Côte d'Ivoire est l'un des 17 États signataires du Traité relatif à l'harmonisation du droit des affaires en Afrique, signé le 17 octobre 1993 à Port-Louis (Île Maurice), instituant ainsi l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA)[1]. L'OHADA a permis la mise en place de nombreux actes uniformes, dont l'Acte uniforme relatif au droit de l'arbitrage, adopté à Conakry le 23 novembre 2017[36].

L’article 3‐1 de cet acte dispose que :

« La convention d’arbitrage prend la forme d’une clause compromissoire ou d’un compromis. La clause compromissoire est la convention par laquelle les parties s’engagent à soumettre à l’arbitrage les différends pouvant naître ou résulter d’un rapport d’ordre contractuel. Le compromis est la convention par laquelle les parties à un différend déjà né conviennent de le régler par la voie de l’arbitrage. La convention d’arbitrage doit être faite par écrit ou par tout autre moyen permettant d’en administrer la preuve, notamment par la référence faite à un document la stipulant ».

Marque

Le droit des marques est protégé en Côte d’Ivoire par l’Accord de Bangui, adopté le 2 mars 1977, qui régit la propriété intellectuelle au sein des États membres de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Cet accord constitue la loi nationale applicable dans chacun des dix-sept États membres, dont la Côte d’Ivoire. L’Accord de Bangui a été révisé le 14 décembre 2015, et cette révision est entrée en vigueur le 20 novembre 2020[38].

L’Accord de Bangui définit une marque comme étant « tout signe visible ou sonore utilisé ou que l’on se propose d’utiliser et qui est propre à distinguer les produits ou services d’une personne physique ou morale »[39].

En matière de droit des marques, la législation prévoit un système d’enregistrement.

L’article 6 du Traité envisage les effets de l’enregistrement d’une marque. Il dispose que :

« 3) Tout enregistrement international d'une marque, effectué en vertu des stipulations du Traité concernant l'enregistrement des marques et contenant la désignation d'un Etat membre au moins, à l'effet d'un dépôt national dans chaque Etat membre qui est également partie audit traité ».

Ainsi, dès lors qu’un dépôt de marque international est réalisé dans l’un des Etats signataires du Traité, alors cet enregistrement produira ses effets dans tous ces Etats signataires de la même manière qu’un enregistrement national.

L’article 8 du Traité précise que :

 « 1) L'Organisation procède à l'examen administratif, à l'enregistrement et à la publication des marques de produits ou de services selon la procédure commune prévue par les législations des Etats membres.

2) Les marques enregistrées et publiées produisent leurs effets selon la loi nationale de chaque Etat dans chacun des Etats membres, sous réserve des dispositions de l'alinéa 3) ci-après.

3) L'enregistrement international d'une marque, effectué en vertu des stipulations du Traité concernant l'enregistrement des marques et ayant effet dans un Etat membre au moins, produit, dans chacun des Etats parties au présent Accord ct au Traité concernant l'enregistrement des marques, les mêmes effets que ceux qui auraient été produits si la marque avait été enregistrée auprès de l'Organisation » [40].

L’enregistrement de la marque confère ainsi à son titulaire un droit exclusif pour une durée de 10 ans renouvelable.

Exécution du contrat [34]

Le Code de déontologie précise que le contrat de franchise doit être en conformité avec le droit national, le droit communautaire de l’UEMOA et le Code de déontologie et ses annexes.

Il prévoit également les obligations à la charge du franchisé, celles à la charge du franchiseur ainsi que les obligations communes aux deux.

Ainsi, le franchiseur doit notamment avoir mis au point et exploité, avec succès, son concept pendant au moins un an et demi avec au moins une unité pilote avant le lancement du réseau de franchise. Il doit également apporter à ses franchisés une formation initiale et leur apporter continuellement une assistance commerciale et/ou technique pendant toute la durée du contrat. Il doit transférer ou mettre à disposition du franchisé le savoir-faire à travers des moyens adéquats d’information et de formation et est en charge du contrôle de la bonne utilisation de ce savoir-faire par le franchisé. 

Quant au franchisé, celui-ci est tenu de collaborer loyalement à la réussite du réseau auquel il a adhéré, en toute indépendance, excluant tout lien de subordination à l’égard du franchiseur. Il doit également fournir au franchiseur les données opérationnelles vérifiables afin de faciliter la détermination des performances et les états financiers requis pour la direction d’une gestion efficace. Ou encore, il est tenu de respecter des principes de loyauté et de confidentialité.

Image de Annie Spratt

B. Données juridiques périphériques

Droit de la concurrence [41]

Les contrats de franchise en Côte d’Ivoire sont soumis aux règles du droit de la concurrence ivoirien, régies par l’ordonnance n°2013-662 du 20 septembre 2013.

L’article 7 de cette ordonnance a institué la Commission de la concurrence et de la lutte contre la vie chère, une autorité administrative indépendante[1].

L’article 8 précise les missions de cette commission, qui incluent une « mission générale de surveillance du marché afin d'y déceler les dysfonctionnements liés aux pratiques anticoncurrentielles, telles que prévues par le droit communautaire de la concurrence ».

L’ordonnance interdit également les abus de position dominante à l’article 12 et prévoit l’interdiction des ententes dans certaines circonstances, comme prévu à l’article 11.

L’article 11 de l’ordonnance dispose que :

« Les ententes anticoncurrentielles sont interdites notamment lorsqu'elles portent sur :

- des accords limitant l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d'autres entreprises ;

- des accords visant à fixer directement ou indirectement le prix, à contrôler le prix de vente, et de manière générale, à faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du 

marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ; en particulier des accords entre entreprises à différents niveaux de production ou de distribution visant à la fixation du prix de revente ;

- des répartitions des marchés ou des sources d'approvisionnement, en particulier des accords entre entreprises de production ou de distribution portant sur une protection territoriale absolue ;

- des limitations ou des contrôles de la production, des débouchés, du développement technique ou des investissements ;

- des discriminations entre partenaires commerciaux au moyen de conditions inégales pour des prestations équivalentes ;

- des subordinations de la conclusion des contrats à l’acceptation, par les partenaires, de prestations supplémentaires, qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux, n'ont pas de lien avec l’objet de ces contrats.

Quant aux pratiques abusives peuvent notamment consister à :

- imposer de façon directe ou indirecte des prix d'achat ou de vente ou d'autres conditions de transactions non équitables ; limiter la production, les débouchés ou le développement technique au préjudice des consommateurs ;

- appliquer à l’égard des partenaires commerciaux des conditions inégales a des prestations équivalentes, en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la concurrence ;

- subordonner la conclusion de contrat à l’acceptation, par les partenaires, de prestations supplémentaires, qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux, n'ont pas de lien avec l’objet de ces contrats ».

L’ordonnance prévoit des sanctions civiles ou pénales selon les cas envisagés. À titre d’exemple, la vente à perte fait l’objet d’une sanction pénale conformément à l’article 15 de l’ordonnance.

Données personnelles

La Côte d’Ivoire a adopté la loi n°2013-450 du 19 juin 2013 sur la protection des données personnelles afin de répondre aux exigences de la transformation numérique.

L’article 1er de cette loi définit les données à caractère personnel comme étant « toute information de quelque nature qu’elle soit et indépendamment de son support, y compris le son et l’image relative à une personne physique identifiée ou identifiable directement ou indirectement, par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments spécifiques, propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, culturelle, sociale ou économique. »

Ainsi, en vertu de l’article 3, sont notamment soumis à la loi :

  • toute collecte, tout traitement, toute transmission, tout stockage et tout utilisation des données à caractère personnel par une personne physique, l’Etat, les collectivité locales, les personnes morales de droit public ou de droit privé ; 

  • tout traitement automatisé ou non de données contenues ou appelées à figurer dans un fichier ;

  • tout traitement de données mis en œuvre sur le territoire national.

L’article 46 de loi créé l’Autorité de protection des données à caractère personnel[43], autorité administrative indépendante chargée de la régulation des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication.

Dès lors, tous ces traitements de données sont soumis à une déclaration préalable auprès de l’Autorité de protection des données à caractère personnel. Cette déclaration doit comporter l’engagement que le traitement est conforme à la loi sur la protection des données. L’Autorité de protection des données à caractère personnel délivre, par la suite, un récépissé permettant au demandeur de mettre en œuvre le traitement des données.

 

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I. Données économiques

A. Données macro-économiques


• Données générales[1]

Population 2023 : 31 165 654
Superficie : 322 463 km²[2]

Densité : 86 habitants/km²[3]
PIB (nominal) 2023 : 78,88 Md
PIB (PPA) 2020 : 144,497 Md[4]
PIB (PPA)/hab. 2023 : 2 530,8
Taux de croissance 2023 : 6,2%
RNB/hab. (PPA) 2019 : 5,069 $[5]
IDH 2021 : 0,55[6]
Taux d’alphabétisation 2019 : 89,9 %[7]
Espérance de vie 2022 : 59 ans
 
• Politique

La Côte d’Ivoire, après son indépendance en 1960 sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, a connu une période de stabilité politique et de prospérité économique. Cependant, la transition au multipartisme en 1990, suivie de la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, a plongé le pays dans une période d’instabilité marquée par des tensions ethniques, une crise économique et des conflits armés[8].

L’élection présidentielle de 2010, marquée par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, a déclenché un conflit armé ayant fait plus de 3 000 victimes.

La crise s’est achevée en 2011 avec l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, qui a restauré progressivement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Réélu en 2015 et 2020, malgré des violences et des tensions politiques, Alassane Ouattara a consolidé son pouvoir tout en poursuivant des efforts de réconciliation nationale.

En 2021, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, acquittés par la Cour pénale internationale, ont fait leur retour en Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo a fondé un nouveau parti, le PPA-CI (le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire), en 2022. La tenue d’élections municipales et régionales en 2023, dans un climat apaisé, a confirmé la domination du parti présidentiel.

Sur le plan sécuritaire, la situation s’est améliorée depuis 2011, bien que le pays ait été touché par des attaques terroristes en 2016 et 2020. Face à la menace persistante dans le nord, notamment avec l’arrivée de réfugiés burkinabè, le gouvernement a renforcé les mesures militaires et lancé des programmes sociaux pour stabiliser la région.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est un État unitaire à régime présidentiel, avec un système multipartisme et un mode de scrutin majoritaire uninominal. Malgré les défis, elle poursuit sa transition vers une stabilité politique et économique durable[9].



Evolution économique[10]
 

La Côte d’Ivoire est la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et détient près de 40 % du PIB de cette région[11]. Le pays affiche l’un des taux de croissance économique les plus rapides d’Afrique subsaharienne depuis plus de dix ans, avec une croissance moyenne du PIB réel de 8,2 % entre 2012 et 2019[12].

Depuis le retour à la stabilité politique en Côte d’Ivoire, le pays connaît une forte croissance économique, atteignant environ 8 % par an depuis 2012. Cette croissance est principalement soutenue par les exportations de cacao et de pétrole, ses deux principales ressources.

Malgré cette performance, la pauvreté reste un défi majeur. Le taux de pauvreté national est en baisse, mais reste élevé, à 39,6 %, avec un taux d’extrême pauvreté de 11,4 %. Pour y remédier, un programme social a été lancé en 2019.

L’économie du pays a cependant été marquée par la crise sanitaire et économique du Covid-19. Toutefois, la Côte d’Ivoire a réussi à renouer avec la croissance en affichant un taux de croissance de 6,5% en 2024. Quant au taux d’inflation, celui-ci était de 3,8 % en 2024[13].

La dette de la Côte d’Ivoire s’élève à 59,3 % du PIB en 2024. Par ailleurs, le FMI a accordé au pays un prêt de 3,5 milliards de dollars[14].


Ressources
 

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. Le secteur primaire représente 22 % du PIB, le secteur secondaire représente également 22 % du PIB (pétrole, énergie, agroalimentaire, etc.) et le secteur tertiaire en représente 56 % (transport, télécommunications, etc.).[15]

Ainsi, les principaux produits d’exportation de la Côte d’Ivoire sont le cacao, le pétrole, la noix de cajou et l’or[16].

En 2020, le tourisme a généré des revenus de 199 millions de dollars[17].


• Population[18]
 

En 2022, 52 % de la population ivoirienne est urbaine, témoignant d’une urbanisation croissante, notamment autour d'Abidjan, la principale métropole du pays. Malgré la création de la capitale politique Yamoussoukro, située au centre, Abidjan demeure le cœur économique et la seule grande ville du pays.

La population ivoirienne se caractérise également par sa jeunesse, avec 41 % de ses habitants âgés de moins de 15 ans. Par ailleurs, une forte croissance démographique est observée dans le sud-est, autour d’Abidjan, renforçant l’importance de cette région dans la dynamique nationale.

En 2021, 9,7% de la population disposait de moins de 1.90$ par jour. Ce pourcentage a fortement baissé depuis 2008, il était alors de 34,4%[19].

 
Investissements étrangers


 Le stock total des investissements directs étrangers en Côte d’Ivoire s’élevait à 1,58 milliard USD en 2023, enregistrant une augmentation de près de 15 % par rapport à l’année précédente[20].

B. Données économiques spécifiques à la franchise
 
Historique
 
Le secteur de la franchise en Côte d’Ivoire est encore en phase de structuration et reste méconnu du grand public. Cependant, la franchise en Côte d'Ivoire a connu une évolution notable au cours des dernières décennies, marquée par l'implantation de grandes enseignes internationales et le développement de réseaux locaux[21].

 
• Institution
 
Depuis 2001, la Côte d’Ivoire dispose d’une fédération spécialement dédiée au secteur de la franchise, appelée « Fédération Ivoirienne de la Franchise »[22]. Cette organisation regroupe les professionnels du secteur, qu’il s’agisse des franchiseurs ou de leurs franchisés. Son rôle est de promouvoir, défendre, développer et pérenniser le modèle de la franchise en Côte d’Ivoire[23].
 
• Salons professionnels
 
Il existe des salons professionnels dédiés en Côte d'Ivoire. Récemment, un salon en ligne intitulé "Les Rencontres Digitales de la Franchise - Côte d'Ivoire" a été organisé pour faciliter les échanges entre franchiseurs et candidats à la franchise [24]
 
• Statistiques

Depuis les années 1960, plusieurs franchises étrangères, principalement issues de réseaux français, se sont implantées dans le pays. La majorité de ces franchises, environ 98 %, sont gérées par des étrangers, notamment des hommes d’affaires libanais ou ivoiro-libanais, tandis que la participation des entrepreneurs ivoiriens demeure limitée[25].

A la date de rédaction de cet article, environ 80 % des franchises en Côte d’Ivoire sont des marques internationales[26].

Il existe près de 200 enseignes et 3 800 points de vente[27].


 
• Contenu du contrat
 
Il existe des salons professionnels dédiés à la franchise en Côte d’Ivoire. Récemment, un salon en ligne intitulé « Les Rencontres Digitales de la Franchise - Côte d’Ivoire » a été organisé pour faciliter les échanges entre franchiseurs et candidats à la franchise[24].

 
• Incidences économiques
 
Il n’existe pas de statistique précise sur le marché de la Côte d’Ivoire. En revanche, le marché de la franchise en Afrique est un marché estimé à près de 60 Md $ avec près de 300 réseaux actifs[29].
 
• International
 
La diversité des secteurs porteurs et la stabilité économique du pays créent un contexte favorable à l’expansion des réseaux de franchise.

En Côte d'Ivoire, le secteur des franchises est diversifié et couvre de nombreux domaines. Dans l'éducation, Pigier est une enseigne notable. Pour la location de voitures, des acteurs tels que Europcar, Hertz et Budget sont présents. La restauration regroupe des enseignes comme Hippopotamus, Paul, Burger King, KFC, Nespresso, et Brioche Dorée. Dans le secteur de la mode et des accessoires, Mango, GéoX, Kiabi et Bata se distinguent, tandis que Bo Concept et GIFI dominent la décoration et l'ameublement. La publicité est représentée par Pano Boutique et Mobile Affiche, et l'hôtellerie inclut des marques internationales telles qu’Ibis, Novotel, Sofitel et Hôtel Pullman. Les médias comptent sur Radio Nostalgie et Hit Radio, et l'optique est dominée par Lynx Optique et Alain Afflelou. Antal International opère dans le recrutement, Franck Provost dans la beauté, et UPS et FedEx dans la logistique. Pour les sports et loisirs, City Sport et Décathlon sont présents, tandis que Western Union et MoneyGram facilitent les transferts d'argent. Enfin, Carrefour et Top Budget se démarquent dans la grande distribution, et Midas ainsi que Point-S dans les services automobiles.

II. Données juridiques
 
A. Données juridiques directement liées à la franchise
 
• Principaux textes applicables

 

Actuellement, la Côte d'Ivoire ne dispose pas de législation spécifique en matière de franchise. Les contrats de partenariat commercial sont régis par le droit des affaires national et communautaire.

Toutefois, la Fédération ivoirienne de la franchise a rédigé un Code de déontologie de la franchise largement inspiré de celui appliqué dans l’Union européenne, visant à poser les bases d’un cadre éthique et juridique pour ce secteur.[31]

La franchise est ainsi définie par l’article 1er du Code de déontologie, de la façon suivante[32] :

« La franchise est un système de commercialisation de produits et/ou de services et/ou de technologies, basé sur une collaboration étroite et continue entre des entreprises juridiquement et financièrement distinctes et indépendantes, le franchiseur et ses franchisés, dans lequel le franchiseur accorde à ses franchisés le droit, et impose l’obligation d’exploiter une entreprise en conformité avec le concept du franchiseur.

Le droit ainsi concédé autorise et oblige le franchisé, en échange d’une contribution financière directe ou indirecte, à utiliser l’enseigne et/ou la marque de produits et/ou de services, le savoir- faire, et autres droits de propriété intellectuelle, soutenu par l’apport continu d’assistance commerciale et/ou technique, dans le cadre et pour la durée d’un contrat de franchise écrit, conclu entre les parties à cet effet ».


 
• Information précontractuelle [33]
 

Le Code de déontologie de la franchise ivoirien prévoit que les franchiseurs doivent adresser au candidat franchisé un document d’information précontractuelle. Celui-ci doit être délivré au moins 30 jours avant l’engagement contractuel. Enfin il est prévu que la délivrance du document d’information contractuel n’implique pour le franchisé aucune forme d’engagement.

En vertu de l’article 3 du Code de déontologie de la franchise, le document d’information précontractuel doit contenir au minimum les 6 mentions suivantes :

« 1 - La présentation de la société franchiseur.

2 - La présentation du réseau exploité par la société franchiseur.

3 - Une présentation de la marque donnée en licence.

4 - La présentation du marché : l’état général du marché et l’état local du marché.

5 - La présentation du contrat de franchise et des charges y afférentes.

6 - Les dépenses et investissements spécifiques devant être engagés par le candidat avant de commencer l’exploitation »



• Exécution du contrat [34]

Le Code de déontologie précise que le contrat de franchise doit être en conformité avec le droit national, le droit communautaire de l’UEMOA et le Code de déontologie et ses annexes.

Il prévoit également les obligations à la charge du franchisé, celles à la charge du franchiseur ainsi que les obligations communes aux deux.

Ainsi, le franchiseur doit notamment avoir mis au point et exploité, avec succès, son concept pendant au moins un an et demi avec au moins une unité pilote avant le lancement du réseau de franchise. Il doit également apporter à ses franchisés une formation initiale et leur apporter continuellement une assistance commerciale et/ou technique pendant toute la durée du contrat. Il doit transférer ou mettre à disposition du franchisé le savoir-faire à travers des moyens adéquats d’information et de formation et est en charge du contrôle de la bonne utilisation de ce savoir-faire par le franchisé. 

Quant au franchisé, celui-ci est tenu de collaborer loyalement à la réussite du réseau auquel il a adhéré, en toute indépendance, excluant tout lien de subordination à l’égard du franchiseur. Il doit également fournir au franchiseur les données opérationnelles vérifiables afin de faciliter la détermination des performances et les états financiers requis pour la direction d’une gestion efficace. Ou encore, il est tenu de respecter des principes de loyauté et de confidentialité.


• Clauses attributives de juridictions et droit applicable
 

La Côte d’Ivoire a ratifié le 1er février 1991 la Convention de New York pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères, conclue à New York le 10 juin 1958[35].

De plus, la Côte d'Ivoire est l'un des 17 États signataires du Traité relatif à l'harmonisation du droit des affaires en Afrique, signé le 17 octobre 1993 à Port-Louis (Île Maurice), instituant ainsi l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA)[1]. L'OHADA a permis la mise en place de nombreux actes uniformes, dont l'Acte uniforme relatif au droit de l'arbitrage, adopté à Conakry le 23 novembre 2017[36].

L’article 3‐1 de cet acte dispose que :

« La convention d’arbitrage prend la forme d’une clause compromissoire ou d’un compromis. La clause compromissoire est la convention par laquelle les parties s’engagent à soumettre à l’arbitrage les différends pouvant naître ou résulter d’un rapport d’ordre contractuel. Le compromis est la convention par laquelle les parties à un différend déjà né conviennent de le régler par la voie de l’arbitrage. La convention d’arbitrage doit être faite par écrit ou par tout autre moyen permettant d’en administrer la preuve, notamment par la référence faite à un document la stipulant ».

 
• Marque
 
 

Le droit des marques est protégé en Côte d’Ivoire par l’Accord de Bangui, adopté le 2 mars 1977, qui régit la propriété intellectuelle au sein des États membres de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI). Cet accord constitue la loi nationale applicable dans chacun des dix-sept États membres, dont la Côte d’Ivoire. L’Accord de Bangui a été révisé le 14 décembre 2015, et cette révision est entrée en vigueur le 20 novembre 2020[38].

L’Accord de Bangui définit une marque comme étant « tout signe visible ou sonore utilisé ou que l’on se propose d’utiliser et qui est propre à distinguer les produits ou services d’une personne physique ou morale »[39].

En matière de droit des marques, la législation prévoit un système d’enregistrement.

L’article 6 du Traité envisage les effets de l’enregistrement d’une marque. Il dispose que :

« 3) Tout enregistrement international d'une marque, effectué en vertu des stipulations du Traité concernant l'enregistrement des marques et contenant la désignation d'un Etat membre au moins, à l'effet d'un dépôt national dans chaque Etat membre qui est également partie audit traité ».

Ainsi, dès lors qu’un dépôt de marque international est réalisé dans l’un des Etats signataires du Traité, alors cet enregistrement produira ses effets dans tous ces Etats signataires de la même manière qu’un enregistrement national.

L’article 8 du Traité précise que :

 « 1) L'Organisation procède à l'examen administratif, à l'enregistrement et à la publication des marques de produits ou de services selon la procédure commune prévue par les législations des Etats membres.

2) Les marques enregistrées et publiées produisent leurs effets selon la loi nationale de chaque Etat dans chacun des Etats membres, sous réserve des dispositions de l'alinéa 3) ci-après.

3) L'enregistrement international d'une marque, effectué en vertu des stipulations du Traité concernant l'enregistrement des marques et ayant effet dans un Etat membre au moins, produit, dans chacun des Etats parties au présent Accord ct au Traité concernant l'enregistrement des marques, les mêmes effets que ceux qui auraient été produits si la marque avait été enregistrée auprès de l'Organisation » [40].

L’enregistrement de la marque confère ainsi à son titulaire un droit exclusif pour une durée de 10 ans renouvelable.

B. Données juridiques périphériques
 
• Droit de la concurrence [41]
 

Les contrats de franchise en Côte d’Ivoire sont soumis aux règles du droit de la concurrence ivoirien, régies par l’ordonnance n°2013-662 du 20 septembre 2013.

L’article 7 de cette ordonnance a institué la Commission de la concurrence et de la lutte contre la vie chère, une autorité administrative indépendante[1].

L’article 8 précise les missions de cette commission, qui incluent une « mission générale de surveillance du marché afin d'y déceler les dysfonctionnements liés aux pratiques anticoncurrentielles, telles que prévues par le droit communautaire de la concurrence ».

L’ordonnance interdit également les abus de position dominante à l’article 12 et prévoit l’interdiction des ententes dans certaines circonstances, comme prévu à l’article 11.

L’article 11 de l’ordonnance dispose que :

« Les ententes anticoncurrentielles sont interdites notamment lorsqu'elles portent sur :

- des accords limitant l’accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d'autres entreprises ;

- des accords visant à fixer directement ou indirectement le prix, à contrôler le prix de vente, et de manière générale, à faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du 

marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ; en particulier des accords entre entreprises à différents niveaux de production ou de distribution visant à la fixation du prix de revente ;

- des répartitions des marchés ou des sources d'approvisionnement, en particulier des accords entre entreprises de production ou de distribution portant sur une protection territoriale absolue ;

- des limitations ou des contrôles de la production, des débouchés, du développement technique ou des investissements ;

- des discriminations entre partenaires commerciaux au moyen de conditions inégales pour des prestations équivalentes ;

- des subordinations de la conclusion des contrats à l’acceptation, par les partenaires, de prestations supplémentaires, qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux, n'ont pas de lien avec l’objet de ces contrats.

Quant aux pratiques abusives peuvent notamment consister à :

- imposer de façon directe ou indirecte des prix d'achat ou de vente ou d'autres conditions de transactions non équitables ; limiter la production, les débouchés ou le développement technique au préjudice des consommateurs ;

- appliquer à l’égard des partenaires commerciaux des conditions inégales a des prestations équivalentes, en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la concurrence ;

- subordonner la conclusion de contrat à l’acceptation, par les partenaires, de prestations supplémentaires, qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux, n'ont pas de lien avec l’objet de ces contrats ».

L’ordonnance prévoit des sanctions civiles ou pénales selon les cas envisagés. À titre d’exemple, la vente à perte fait l’objet d’une sanction pénale conformément à l’article 15 de l’ordonnance.


 
• Données personnelles
 

La Côte d’Ivoire a adopté la loi n°2013-450 du 19 juin 2013 sur la protection des données personnelles afin de répondre aux exigences de la transformation numérique.

L’article 1er de cette loi définit les données à caractère personnel comme étant « toute information de quelque nature qu’elle soit et indépendamment de son support, y compris le son et l’image relative à une personne physique identifiée ou identifiable directement ou indirectement, par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments spécifiques, propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, culturelle, sociale ou économique. »

Ainsi, en vertu de l’article 3, sont notamment soumis à la loi :

  • toute collecte, tout traitement, toute transmission, tout stockage et tout utilisation des données à caractère personnel par une personne physique, l’Etat, les collectivité locales, les personnes morales de droit public ou de droit privé ; 

  • tout traitement automatisé ou non de données contenues ou appelées à figurer dans un fichier ;

  • tout traitement de données mis en œuvre sur le territoire national.

L’article 46 de loi créé l’Autorité de protection des données à caractère personnel[1], autorité administrative indépendante chargée de la régulation des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication.

Dès lors, tous ces traitements de données sont soumis à une déclaration préalable auprès de l’Autorité de protection des données à caractère personnel. Cette déclaration doit comporter l’engagement que le traitement est conforme à la loi sur la protection des données. L’Autorité de protection des données à caractère personnel délivre, par la suite, un récépissé permettant au demandeur de mettre en œuvre le traitement des données.

 
• Dispositions particulières aux investissements étrangers

L'investissement en Côte d'Ivoire est totalement libre pour les étrangers, sans aucune restriction. Les investisseurs étrangers bénéficient d’un traitement égal à celui des investisseurs locaux, et la prise de participation majoritaire au capital d'une entreprise locale est autorisée. Le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) constitue une plateforme clé pour s’informer sur les autorisations nécessaires à l’implantation[1] .

Il est important de noter que la Côte d’Ivoire a adopté un Code des investissements, établi par l’ordonnance n°2012-487 du 7 juin 2012[2]. Ce code regroupe un ensemble de mesures incitatives visant à adapter le régime des investissements privés aux évolutions économiques et aux perspectives de croissance. Il définit les conditions, les avantages, et les règles générales applicables aux investissements directs, tant nationaux qu’étrangers, réalisés dans le pays[3].


  
Principaux sites internet

 

[1] Sauf indication contraire, les données générales proviennent de https://donnees.banquemondiale.org/pays/cote-divoire

[2] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cote-d-ivoire/presentation-de-la-cote-d-ivoire/

[3] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cote-d-ivoire/presentation-de-la-cote-d-ivoire/

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4te_d%27Ivoire

[5] https://hdr.undp.org/sites/default/files/Country-Profiles/fr/CIV.pdf?utm_source=chatgpt.com

[6] www.gouv.ci

[7] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cote-d-ivoire/presentation-de-la-cote-d-ivoire/

[8] https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/CIV

[9] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cote-d-ivoire/presentation-de-la-cote-d-ivoire/

[10] Sauf indication contraire, les informations ci-dessous proviennent de l’Atlas socio-économique des pays du monde, Larousse, édition 2024

[11] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cote-d-ivoire/presentation-de-la-cote-d-ivoire/

[12] https://www.banquemondiale.org/fr/country/cotedivoire/overview

[1] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cote-d-ivoire/presentation-de-la-cote-d-ivoire/

[13] Idem

[14] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/cote-d-ivoire/presentation-de-la-cote-d-ivoire/

[15] Atlas socio-économique des pays du monde, Larousse, édition 2024.

[16] Atlas socio-économique des pays du monde, Larousse, édition 2024.

[17] https://export.agence-adocc.com/fr/fiches-pays/cote-d-ivoire/investir2

[18] https://export.agence-adocc.com/fr/fiches-pays/cote-d-ivoire/investir2

[19] Sauf indication contraire, les informations ci-dessous proviennent de l’Atlas socio-économique des pays du monde, Larousse, édition 2024

[1] https://donnees.banquemondiale.org/pays/cote-divoire

[21] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/33-etat-des-lieux-de-la-franchise-en-cote-d-ivoire/

[22] Angre Mahou, Abidjan Cocody ; (+225) 01 5142 6287 ; contact@fifranchise.org fifranchise@gmail.com

[23] https://fifranchise.org/

[24] https://www.facebook.com/lrdfci

[25] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/33-etat-des-lieux-de-la-franchise-en-cote-d-ivoire/

[26] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/46-le-potentiel-des-franchiseurs-africains-dont-les-ivoiriens/

[27] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/46-le-potentiel-des-franchiseurs-africains-dont-les-ivoiriens/

[28] https://www.franchisedirecte.fr/franchisesinternational/cote-divoire/51/

[29] https://wefranchiz.com/la-franchise-en-afrique/

[30] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/33-etat-des-lieux-de-la-franchise-en-cote-d-ivoire/

[31] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/33-etat-des-lieux-de-la-franchise-en-cote-d-ivoire

[32] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/48-code-de-deontologie-de-la-franchise/?page=1

[33] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/48-code-de-deontologie-de-la-franchise/?page=1

[34] https://www.cotedivoirefranchise.com/articles/48-code-de-deontologie-de-la-franchise/?page=1

[35] https://www.newyorkconvention.org/french

[36] https://www.ohada.com/textes-ohada/actes-uniformes.html

[37] https://www.droit-afrique.com/uploads/Ohada-Acte-Uniforme-2017-Arbitrage.pdf

[38] https://www.droit-africain.com/cote-divoire-propriete-intellectuelle-2/#:~:text=L'enregistrement%20d'une%20marque,en%20totalit%C3%A9%20ou%20en%20partie

[39] Article 2, Annexe III

[40] https://wipolex-res.wipo.int/edocs/lexdocs/treaties/fr/oa002/trt_oa002.pdf

[41] https://www.africa-laws.org/Ivory/Competition%20law/Ordonnance%20N%C2%B0%202013-662%20relative%20%C3%A0%20la%20concurrence.pdf

[42] https://www.gouv.ci/_actualite-article.php?recordID=8888

[43] https://www.artci.ci/index.php/secteurs-regules/protection-des-donnees.html

[44] https://export.agence-adocc.com/fr/fiches-pays/cote-d-ivoire/investir2#:~:text=L'investissement%20est%20totalement%20libre,sont%20trait%C3%A9s%20comme%20les%20locaux.&text=La%20prise%20de%20participation%20majoritaire,autoris%C3%A9e%20en%20C%C3%B4te%20d'Ivoire.

[45] https://www.droit-afrique.com/upload/doc/cote-divoire/RCI-Code-2012-des-investissements.pdf

[46] https://cotedivoire.eregulations.org/menu/112?l=fr

Dispositions particulières aux investissements étrangers

L'investissement en Côte d'Ivoire est totalement libre pour les étrangers, sans aucune restriction. Les investisseurs étrangers bénéficient d’un traitement égal à celui des investisseurs locaux, et la prise de participation majoritaire au capital d'une entreprise locale est autorisée. Le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) constitue une plateforme clé pour s’informer sur les autorisations nécessaires à l’implantation[44] .

Il est important de noter que la Côte d’Ivoire a adopté un Code des investissements, établi par l’ordonnance n°2012-487 du 7 juin 2012[45]. Ce code regroupe un ensemble de mesures incitatives visant à adapter le régime des investissements privés aux évolutions économiques et aux perspectives de croissance. Il définit les conditions, les avantages, et les règles générales applicables aux investissements directs, tant nationaux qu’étrangers, réalisés dans le pays[46].

Réflexion de texte numérique
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